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1923-2023 : centenaire du monument aux morts de Ludon-Médoc

Le monument aux morts

Dès la fin de la Première Guerre mondiale, les communes souhaitèrent faire graver, dans la pierre, les noms de ceux qui perdirent leur vie au combat et, pour cela, se dotèrent d’un monument pour honorer leurs morts.


Ainsi, à l’exception de très petits villages, la plupart des communes a son monument aux morts, patrimoine historique et témoignage du passé perpétuant le souvenir de ses enfants morts pour la Patrie, le plus souvent lors des deux Guerres mondiales.


En faisant graver, dans le marbre ou dans la pierre du monument, le nom de chaque disparu, les communes leur assurent de passer à la postérité. Ce monument du souvenir doit pouvoir être complété avec les noms de tous ceux qui sont tombés lors de conflits plus récents, une loi de février 2012 imposant aux communes de les y faire figurer ou de leur consacrer à proximité immédiate une stèle

avec le nom des soldats "morts pour la France".

 


Le monument aux morts de Ludon-Médoc

(sources : Dossier d’œuvre architecture IA33007917 réalisé par Grollimund Florian et la chronique de Ludon en Médoc de Paul Duchesne)


C’est un monument aux morts de la guerre 1914-1918, situé place Jean Jaurès à proximité de la mairie, de l’église et de l’école élémentaire, inauguré le 2 septembre 1923 sous la présidence du Secrétaire Général de la Préfecture de Gironde, avec la présence de sénateurs, députés, conseillers généraux et d’arrondissement, du représentant des autorités militaires, celui du président de l’Union des Combattants et du président de la section des Anciens Combattants de Ludon, ainsi que des maires ou adjoints des communes du canton.


Une statue en bronze, œuvre du Bordelais Edmond Ernest Chrétien (qui avait déjà réalisé la statue du monument aux morts de Blanquefort en 1922) datée et signée par lui-même, représente un Poilu grenadier. Le soldat casqué porte la capote, sa main gauche est appuyée sur un rocher et il tient, dans sa main droite, une grenade prête à être lancée.



La statue repose sur un piédestal en pierre en trois parties, de forme cubique dans sa partie haute en contact avec la statue, puis évasée en dessous avant de se terminer par une base plus large. Ce piédestal de statue repose sur un socle d’assise au sol.


Sur la face principale ouest de la partie cubique est inscrit LUDON, À SES ENFANTS MORTS POUR LA FRANCE 1914-1918 ; sur la face arrière côté est, CE MONUMENT A ÉTÉ INAUGURÉ LE 2 SEPTEMBRE 1923 ; M. PAUL DUCHESNE ÉTANT MAIRE, M. JULES DUPUY, ADJOINT.

Sur les faces latérales sud et nord, sont gravés vingt-huit noms (à raison de quatorze par face) des morts de la commune lors de la Première Guerre mondiale.


Pour compléter le monument, côté ouest, reposant sur le socle d’assise et appuyé sur les deux parties inférieures du piédestal de la statue, une plaque de marbre, sur laquelle sont gravés les dix noms des victimes de la Seconde Guerre mondiale et côté nord, une autre plaque portant les trois noms de victimes de la Grande Guerre et un nom de la guerre d’Indochine (23/11/1946 - 21/07/1954).


Fait rare et donc exceptionnel, le sculpteur bordelais Edmond Ernest Chrétien a offert à la commune, la réplique miniature en plâtre de la statue, datée et dédicacée. Cette réplique, avec sa plaque commémorative en marbre, est toujours visible dans l’aile sud de l'église.


Les enfants de Ludon morts pour la France

Quarante habitants de Ludon sont tombés, lors des deux Guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945, pour la défense de la Patrie et un lors d’un conflit plus récent en Indochine. Le monument dédié aux enfants de Ludon morts pour la France assure aux disparus de la commune, la survivance du souvenir auprès de ceux qui l’habitent. 

​Voici le nom, la date et le lieu de décès des 28 enfants de Ludon disparus lors de la Première Guerre mondiale

​ARÇANUTHURRY Raoul Jean DCD le 08/09/1914 à Courdemanges (51 Marne) ARINO Joseph DCD le 28/09/1914 à Coulommiers (77 Seine-et-Marne) BARATEAU Pierre DCD le 29/08/1918 à Arcy-Sainte-Restitue (02 Aisne) BERNARD Jean DCD le 22/04/1918 à Saint-Jans-Cappel (59 Nord) BLOIS Pierre DCD le 26/10/1918 à Bordeaux (33 Gironde) BONREPAUX André DCD le 26/09/1915 à Beauséjour (51 Marne) CENON André DCD le 30/03/1915 à Montauville (Meurthe et Moselle) COMBES Léonard DCD le 25/09/1915 à Roclincourt (62 Pas-de-Calais) DE LANÈTE DAVID DE FLORIS Anne Marie Joseph Paul DCD le 16/05/1918 à Beauvoir (60 Oise) DE LANÈTE DAVID DE FLORIS Marie Joseph Jean DCD le 06/09/1914 à Lobbes (Belgique) DELAUBE Antoine DCD le 25/09/1914 à Saint-Quentin (02 Aisne) DELAUBE François DCD le 22/08/1914 St Vincent, province de Luxembourg (Belgique) DOUMERET Léonard DCD le 22/08/1914 Bertrix, province de Luxembourg (Belgique) DUCHESNE Jean Robert André Gaëtan DCD en 1915 à Saint-Souplet (51 Marne) DUPUY Pierre Daniel DCD le 19/09/1914 à Saint-Germain-en-Laye (78 Yvelines) FARO Jean DCD le 27/05/1916 à Esnes (55 Meuse) FONTAINE Henri Albert DCD le 20/07/1915 à Écrouves (54 Meurthe-et-Moselle) FRÉCHAUD Jacques DCD le 03/09/1916 à Verdun-sur-Meuse (55 Meuse) GOIREAU Guillaume DCD le 24/05/1916 DCD en ambulance La Ronde-Taille, (55 Meuse) HUGON Alban DCD le 26/07/1916 à Salonique Grèce LEMOINE Jean Fernand DCD le 18/09/1914 à Bouxières-aux-Chênes (54 Meurthe-et-Moselle) LUCAT Jean DCD le 05/05/1917 à Vendresse-Beaulne, 02 - Aisne LUSSAC Louis DCD le 11/03/1919 à Fontainebleau (77 Seine-et-Marne) MAURIN François DCD le 13/04/1918 à Mortemer (60 Oise) MAURISSET Guillaume DCD le 13/06/1918 à Mélicocq (60 Oise) PLAZE Jean DCD le 15/09/1918 à Lauw (68 Haut-Rhin) RICHARD Anselme Jean DCD le 06/10/1914 à Charleroi, province de Hainaut (Belgique) SEGUIN Joseph DCD le 25/01/1915 à Craonne (02 Aisne)

​Et ceux des 10 disparus de la Seconde Guerre mondiale

​DARRIEU Jean DCD le 27/02/1945 en déportation à Hambourg (Allemagne) DESPIERRE Jean DCD le 05/06/1940 à Zuydcoote (59 Nord) DEVIGNES Pierre Raoul DCD le 02/10/1943 à Limoges (87 Haute-Vienne) DOUAT Alexandre DCD le 08/09/1939 à Villenave-d'Ornon (33 Gironde) DOURNEAU Pierre DCD le 12/06/1942 à Cologne (32 Gers) FAUGERON Jean DCD le 26/03/1945 à Balga (68 Haut-Rhin) FICHOT Edouard DCD le 20/06/1940 à Saint-Estèphe (33 Gironde) GUIPOUY Pierre DCD le 14/11/1940 à Heerte (Allemagne) LACROIX Roger DCD le 25/01/1944 à Venafro (Italie) MASQUER Albert DCD le 22/05/1944 à Pico (Italie)

​Ainsi que ceux des 3 de la Première Guerre mondiale, ajoutés sur la plaque

​CAZEAU Pierre DCD le 31/10/1918 à Asiago (Italie) LANNEBRAS Abel DCD le 29/08/1914 à Sissy (02-Aisne) SEGONNES Jean DCD le 12/08/1918 à Thiescourt (60-Oise)

​Et celui de la Guerre d’Indochine

SEINTOUT Pierre Daniel DCD le 08/04/1946 à Saïgon (ex Cochinchine et Indochine), aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville (Vietnam)

source Mémoire des Hommes



Conclusion

Quelle que soit l’œuvre sculpturale de ces monuments aux morts, ces "sentinelles de pierre" témoignent des affres de la guerre ; ces lieux de mémoire permettent donc aux Français de se retrouver lors de cérémonies pour manifester l'hommage de la patrie à ses combattants. 


Cent ans après, ces lieux de commémorations des sacrifices humains pour la défense de la France voient, tout au long de l’année, des cérémonies (8 mai - victoire de 1945 ; 18 juin - appel du Général de Gaulle ; dimanche de mi-juillet - mémoire des victimes de crimes racistes et antisémites ; 11 novembre - anciennement depuis la loi du 24 octobre 1922, Journée nationale pour la commémoration de la Victoire et de la paix puis depuis la loi du 28 février 2012 Journée d’hommage à tous les Morts pour la France; mais aussi celles pour les victimes de la déportation, pour les morts pour la France en Algérie et en Indochine, etc.) à la mémoire des hommes et des femmes tombés dans un conflit armé.


Souvent point de départ d’apprentissage à l’école de ces deux conflits mondiaux ô combien meurtriers, le monument aux morts, symbole du devoir de mémoire est un lieu de recueillement.


Cérémonie pour le centenaire du Monument aux Morts et célébration du 105e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 (source mairie de Ludon-Médoc)

  • Vendredi 10 novembre, à 18h30, une cérémonie aura lieu place Jean Jaurès, devant le Monument aux Morts éclairé aux couleurs nationales, pour commémorer son centenaire. Une exposition sur ce thème, intitulée "Un monument pour se souvenir", sera inaugurée à la suite de cette cérémonie et un vin d’honneur sera offert par la mairie.

L’exposition, réalisée pour l’occasion par la commission Devoirs de Mémoire de la municipalité, sera ensuite visible jusqu’au jeudi 16 novembre 2023 dans le hall de l’accueil de la mairie sur les heures d’ouverture.

  • Samedi 11 novembre 2023, aura lieu la 105e cérémonie de commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 et d’hommage aux morts pour la France. Rendez-vous à 11h15 au Monument aux Morts – Place Jean Jaurès – Début de la cérémonie à 11h30.

Cette cérémonie sera suivie d’un moment de convivialité à la mairie.


 

Par Dominique Gravois

Photos (c)DG/LGM 2023



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