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J’ai testé : la découverte de la langue des signes française avec “Signons pour s’entendre”

Vingt-deux personnes ont participé à l’atelier découverte "Langue des signes française" organisé par la Gazette et animé par Sandrine Olivier. Cette initiation a eu lieu le 3 mai 2023 à la maison des associations de Parempuyre, de 18h30 à 20h30.



Une initiation par la pratique, de suite !

A peine la formatrice, Sandrine, s’est-elle présentée qu'elle demande aux participants de se présenter également, à tour de rôle en signant leur prénom, à l’aide de l’alphabet dont les exemplaires étaient fournis. Chaque personne se présente devant le groupe, signe son prénom que le public doit “lire”.


Surprise, moi qui pensait qu’on allait passer l’essentiel de la soirée à ce tour de salle, l’exercice a été relativement rapide. Après les cinq ou six premiers prénoms, le rythme s’est accéléré. L’alphabet spécifique, “dactylologie” de son nom scientifique, s’apprend assez vite. Petite difficulté : les gauchers qui signent de manière inversée, comme dans un miroir. Mais là encore, notre cerveau s’adapte vite et l’on peut lire indifféremment les signeurs droitiers ou gauchers.


La langue des signes française

La langue des signes française (LSF) est une langue vivante, reconnue officiellement comme une langue à part entière depuis 2005 et une option au baccalauréat depuis 2008. Elle dispose de sa grammaire, de sa syntaxe et même de ses “accents” régionaux ! La LSF est pratiquée par environ 100.000 personnes en France.


C’est surprenant, mais la langue des signes n’est pas universelle ! Chaque pays a sa propre déclinaison, d’où la précision systématique de “langue des signes française”. Il y a cependant des signes universels que tout le monde comprend, comme “dormir”. La LSF n’utilise que marginalement l’alphabet dactylologique, qui est réservé aux noms propres ou aux mots qui n’ont pas de signe propre. Signer qu’avec l’alphabet serait trop long et fastidieux, d’où l’emploi des... signes !


Combien y a-t-il de signes en LSF ? Sandrine ne sait pas répondre et ne doit pas savoir combien elle en maîtrise. Et nous, savons-nous combien de mots de notre propre langue nous connaissons ? Une indication est fournie par le dictionnaire LSF en ligne https://dico.elix-lsf.fr/ qui revendique... 22900 signes !


Pour signer, outre les signes, il faut connaître les 5 paramètres qui les accompagnent : configuration (il en existe 50), mouvement, orientation (des mains), emplacement (tête, visage, corps) et expression du visage.


L’enseignement de la LSF est relativement long et nécessite de la pratique. A titre d’exemple, Sandrine est en mesure de converser avec des personnes sourdes après 3 ans d’apprentissage et de pratique intensive. “Les formations à la LSF sont relativement coûteuses et il n’y a pas ou peu d’aides financières, ce qui fait que beaucoup de parents d’enfants ou proches de personnes sourdes renoncent à l’apprentissage, se désole Sandrine. Des personnes sourdes se trouvent ainsi isolées, y compris dans leur cercle familial.”


Outre la maîtrise des signes, “90% de la communication passe par l’expression visuelle du visage, explique Sandrine, d’où la nécessité de signer face à son interlocuteur”.

 
 

Une initiation ludique et des éléments de la “culture sourde”

La soirée d’initiation n’a pas été aussi théorique et aride que cet article ; Sandrine privilégie une approche ludique, comme un jeu de cartes au sol pour découvrir les “configurations” ou son quiz pour nous faire connaître quelques éléments de la complexe et riche “culture sourde”.


Elle explique que les personnes sourdes ou celles qui communiquent avec elles se voient attribuer un “nom signé”, souvent inspiré par une caractéristique physique. Cela peut être moyennement flatteur, mais c’est fait sans méchanceté nous explique Sandrine. Ainsi une personne avec une verrue sur le nez (elle montre le signe) sera baptisée de ce signe qui l’identifie facilement.


La langue des signes ne s’embarrasse pas de fioritures et va au plus rapide, le plus direct, le plus cash parfois. Sandrine, Olivier de son nom de famille, s’en tire bien, puisque son nom signé est un arbre (olivier) qui danse dans le vent !


J’ai appris que les enfants entendants de parents sourds sont appelés des CODA, de l’anglais “Child Of Deaf Adult”, certainement plus simple à prononcer que EEPS (Enfants Entendants de Parents Sourds).


J’ai également appris, entre autres, qu’il existe des signes tactiles pour communiquer avec des aveugles sourds, comment interpeller une personne sourde dans différentes circonstances ou encore que rien n’interdit aux sourds de passer leur permis de conduire.


Un public unanimement satisfait

Pour cette première, Sandrine a eu un beau succès avec un public unanimement satisfait. Les deux heures ont filé sans que l’on s’ennuie, notamment par la participation active et l’approche ludique de notre initiatrice. La plupart des personnes se disent intéressées à continuer leur initiation, sous diverses formes, comme participer au café des langues de Blanquefort en langue des signes française.


Le parcours de Sandrine Olivier, formatrice “bébé signe”

Sandrine Olivier habite au Taillan-Médoc et a eu une véritable révélation quant à la puissance et le potentiel du langage signé, notamment avec les tout-petits (bébé signe), tant et si bien qu’elle entreprend des formations auprès du centre de formation Visuel Nouvelle-Aquitaine à l’INJS (l'Institution National des Jeunes Sourds et Muets de Bordeaux, créée en 1786 !).


La passion est telle qu’elle quitte son emploi pour dégager le temps nécessaire aux formations et se lance à fond dans la LSF. Elle est formatrice Bébé Signe et Communication gestuelle associée à la parole.


A ce propos, Sandrine témoigne combien les petits enfants qui signent avec leurs parents, sont plus sereins, moins frustrés, car ils peuvent communiquer avant même de savoir parler. Les petits apprennent très vite à imiter les gestes et décoder les signes des parents. Une expérience corroborée par deux professionnelles de la petite enfance qui utilisent une forme de bébé signe, avec les petits dont elles s’occupent.

Infos pratiques

Sandrine Olivier, 06 99 32 91 18


Liens utiles LSF


Par Christian Hohmann

Photo (c)CH/LGM 2023

NDLR La Gazette Médopolitaine est une association indépendante qui propose un magazine local aux portes du Médoc et de la Métropole bordelaise, en format électronique www.gazettemedopolitaine.fr et organise des événements bienveillants et inclusifs à Parempuyre et ses alentours. Son slogan : INFORMER et VIVRE ENSEMBLE


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