top of page

Projet "Prismes", épisode 2 - Le Taillan-Médoc : le bon présage d'Hugo Durante

J'ai profité des Journées européennes du patrimoine le 16 septembre dernier pour participer à une visite originale et immersive au Taillan-Médoc : une promenade depuis le parc du presbytère jusqu'au au pôle culturel (le POLCA, qui vient d'être inauguré, voir notre duplex sur les réseaux sociaux) en compagnie de Taillanais curieux, de Laurence Reglade des Amis du patrimoine de Germignan, de Bernard qui connaît le Taillan comme sa poche et d'Anne-Sophie Jean, médiatrice pour l'association BAM projects qui représente l'artiste en résidence au Taillan-Médoc, Hugo Durante, absent ce jour. Aude Lipmann, Directrice du Pôle Culture, Sports et Vie Associative pour la ville du Taillan-Médoc, accompagnait également le groupe.



Une découverte des plus enrichissantes pour tout amateur d'histoire locale et d'art contemporain. Mais quel peut bien être le lien entre une visite du Taillan d'antan et l'art contemporain ? Réponse ci-dessous.


L'artiste : Hugo Durante

Hugo Durante fait partie du duo bordelais Segond-Durante, cependant il propose Harbinger (présage en anglais, ndlt) en solo. L'artiste est captivé par les sculptures, en particulier les statues, qui "meurent quand elles ne sont plus regardées".


Ces symboles se fondent dans le patrimoine et deviennent invisibles. Les mettre en lumière et en perspective avec la société actuelle est semble-t-il l'une des raisons qui a motivé Hugo Durante pour sa résidence au Taillan. Après avoir été sélectionné par un jury composé d'habitants, d'associations, d'employés municipaux et d'un élu, Hugo Durante a visité la commune et créé des œuvres qui s'en inspirent.


Il présente ici Harbinger, un parcours de sculptures dévoilé en 3 temps. La visite du 16 septembre est donc le temps 1. Hugo Durante va au travers d'apparitions artistiques plantées dans le patrimoine local revisiter des thématiques diverses : architecture, religion, symbolisme, folklore, artisanat, nature, etc.


L'eau : héritage local

Le chemin de l'eau qui nous faisait découvrir la ville de Parempuyre dans notre premier article sur la trilogie rive gauche du projet Prismes continue son périple le long des Jalles et des vignes taillanaises. "15% de l'eau qui alimente la ville de Bordeaux et une partie de la rive droite provient de l'aqueduc du Taillan construit en 1857" explique notre guide Anne-Sophie (un aqueduc est un "canal creusé ou construit pour assurer l'adduction de l'eau dans une agglomération ou pour irriguer des cultures" selon Larousse).


Notre visite guidée débute devant l'église Saint-Hilaire, le presbytère adjacent et le parc qui abrite de magnifiques vestiges d'un passé local unique ainsi qu'un jardin partagé géré par l'association Savez-vous planter chez vous.


Un premier témoignage visuel du patrimoine et de la vie quotidienne d'une époque plus rurale, où la terre maraîchère était reine et les choux-fleurs poussaient à foison. "Les fermes locales travaillaient en coopération", précise Anne-Sophie. Notre visite se poursuit de quelques mètres jusqu'à atteindre le lavoir. Une étrange sculpture a pris demeure au centre même du bassin sec.


La croyance : incantations

L'œuvre, intitulée "Maze of oracle" est une plateforme circulaire en plexiglas® sur laquelle reposent des éléments telle une offrande faite aux dieux. Les éléments rappellent les abattis de Rodin, ces morceaux de corps qu'admire Hugo, pour le travail axé sur les mouvements du corps humain. Un buste nous interpelle parmi les "morceaux" : il s'agit de Saint-Hilaire, en écho à l'église éponyme qui se dresse à deux pas de là. Une statue de Saint-Hilaire, évêque de Poitiers, se tient d'ailleurs sur le parvis de l'église et accueille les Taillanais qui se rendent au parc.



Une telle installation offre un spectacle encore plus intense quand vient la nuit selon Laurence Reglade : un jeu d'ombres et d'incandescence écarlate plante le décor et confirme la dimension ésotérique de l'œuvre, comme si une incantation était imminente. Après tout, les fermiers célébraient jadis les fêtes de saison afin d'attirer les bons augures pour une récolte fertile.


S'agit-il d'un portail vers d'autres univers, vers le passé ?


L'Homme : un être social

Le parcours continue et le groupe s'arrête devant une bien belle bâtisse au 16 de la rue du 8 mai. Anciennement une boulangerie, elle est désormais l'adresse de la Maison des Jeunes. Mais bien avant ça, elle fut le lieu taillanais des bains publics.


Pour les plus jeunes lecteurs, les bains publics étaient des lieux où l'on pouvait se laver, un lieu partagé puisque public, à une époque où les logements n'étaient pas tous dotés d'une salle de bain. Outre la recherche d'une bonne hygiène, c'était un lieu social pour beaucoup.



L'évêque : un repenti

Après une belle promenade à travers le temps, nous arrivons au Polca et devant nous se dresse une nouvelle statue de Saint-Hilaire. La seconde œuvre d'Hugo Durante, le "Murmure des ombres" (imprimée en 3D par une entreprise locale) représente le saint enlacé de serpents. Cet animal est très symbolique : présage de protection lié à la magie, il représente également la repentance ; Saint-Hilaire, né païen puis converti au Christianisme, est un homme qui a changé de vie afin de guider ses paroissiens vers le droit chemin.


Cette visite semble mettre en évidence le thème de la dualité : l'homme et Dieu, le bien et le mal, la science et le folklore, l'ancien et le nouveau, la nature et l'humain, l'artiste et l'artisan.


Deux autres visites sont prévues pour découvrir de nouvelles apparitions.

En attendant, il est possible de parcourir la visite en Geocaching® : La Quête du Taillan-Médoc est disponible jusqu'au 3 mars 2024. Téléchargez l’application Geocaching® et découvrez les points cachés en famille.

 

L'une des participantes à cette visite a été inspirée par le travail d'Hugo Durante et les édifices taillanais.


J'ai donc proposé à Carlie Chavel de partager avec nos lecteurs l'histoire qu'elle a rédigée durant l'atelier Légendes dessinées, proposé à la fin de la promenade par Marie Ladonne, co-directrice de BAM projects.

​"La Dame blanche sort de son antre au sein du château du Taillan-Médoc durant l'aube et jusqu'à la fin de l'aurore quand le soleil est totalement levé et éclairant le château qui, avec les châtelets, veille sur le bien-être et la sécurité des villageois lors de sa sortie entre l'ombre de la lune et du soleil. Elle prodigue ses oracles pour le bon développement des vignes, des champs et des plantes soignantes, pour que la réalisation de chaque habitant se fasse pour le meilleur de chacun. Ainsi les personnes vivent dans la quiétude en ayant un environnement sain par l'alimentation de légumes, de cultures et d'élevages mais aussi par l'alimentation spirituelle, permettant à chacun de réaliser et de développer ses dons. Car cette Dame blanche, qui est un être mi-humain, mi-animal, voire mystique, inspire par ses soins la spiritualité de chaque être.

​La porte donnant sur l'antre de la créature nommée la Dame blanche est masquée par un sort magique. Toute personne malintentionnée et ayant le coeur quelque peu noirci sera changée en plante ou en pierre selon son intention quand son ombre malsaine veut traverser la porte. Quelques rares personnes sont autorisées à entrer et découvrent le monde de la Dame blanche, parallèle au nôtre et où le soleil rayonne. Les plantes et les pierres qui ornent la bâtisse qui semble en ruine et raconte des histoires dont chacun en fait son oracle."

​Par Carlie Chavel


 

Par C.BL

Photo d'Hugo Durante sur le site prismes.art

Photos de la visite (c)C.BL/LGM 2023



Si cet article vous a plu, faites-le savoir d’un pouce levé (like) sur nos réseaux sociaux et partagez-le.

Encouragez notre équipe de bénévoles et aidez-nous à promouvoir la Gazette auprès de vos familles et amis.


コメント


bottom of page